Le crime le plus profond ne verse pas dans le sang.
Il naît dans ce qu’une société attend de ses fils :
une virilité taillée dans la force et l’oubli de soi.
Tant que nous mépriserons l’amour, nous ferons de nos enfants des bourreaux.
PARTIE I
1
Il ne savait pas à quelle heure les agents viendraient le chercher. Il n’avait en tête que la date d’aujourd’hui : 3 juillet. Il avait préféré ne pas y penser. La prison lui avait appris à ne plus espérer.
Depuis la cour, des voix montaient et retombaient derrière la fenêtre grillagée. La chaleur de juillet était étouffante. Dans sa cellule, l’air était figé. Son tee-shirt lui collait au dos. Depuis trois jours, les douches ne fonctionnaient plus. L’odeur de son propre corps l’écœurait. Il attrapa les feuilles posées sur le bureau et les rangea dans l’enveloppe récupérée la veille. Il tassa ses vêtements dans le sac et y glissa le tout. Il le referma, le posa contre le mur et s’assit sur son lit. Il ne lui restait plus qu’à attendre. Il repensa à l’audience, quelques semaines plus tôt, et à cette présidente qui l’avait fixé sans ciller derrière ses lunettes carrées.
— C’est un dossier complexe, avait-elle déclaré en se tournant vers les deux magistrats assis à ses côtés.
Les assesseurs avaient acquiescé avec une gravité appliquée qu’il attribua à ce que la fonction exigeait.
— Les faits remontent au 10 septembre 2010. Je m’en souviens. Je m’en souviens très bien même.
À cet instant, tout lui semblait mal engagé. Pourtant, l’aménagement de sa peine avait été accordé. Il porterait un bracelet électronique quelque temps. Il s’en moquait.
Il pensa à Matthieu. C’était grâce à lui qu’il sortait aujourd’hui. C’est lui qui avait proposé la Maison de l’Atlantique pour la pose du bracelet. Quinze ans plus tard, Matthieu était toujours là. Était-il arrivé ? L’attendait-il devant la prison ? Peut-être avait-il dû envoyer quelqu’un. Il avait promis de venir le chercher mais il avait aussi dit qu’il avait beaucoup de travail en ce moment.
Il pensa à Joséphine. Elle aussi avait donné son accord pour l’accueillir. Après tout, c’était également sa maison. Pourquoi avait-elle accepté ? Il n’en avait aucune idée. Ils n’avaient jamais vraiment été amis, jamais proches en réalité. La dernière fois qu’il l’avait vue, c’était au mariage, un mois avant le tir. À présent qu’elle et Matthieu divorçaient, elle n’avait plus aucune raison de vouloir l’aider.
Enfin, il pensa à l’homme. L’homme qu’il avait tué. Chaque soir, au moment de fermer les yeux, il revoyait son visage misérable, à quelques mètres seulement, au bout du fusil. Le visage de la mère revenait lui aussi. Où était-elle ? Qu’était-elle devenue ? Était-elle seulement encore en vie ? Il n’en savait rien. Depuis le verdict, il n’en avait plus entendu parler. Son cri, dans la salle de la Cour d’assises, ne l’avait jamais quitté.
— Pourquoi ? avait-elle hurlé en s’adressant à lui qui, prostré dans le box des accusés, n’arrivait pas à la regarder.
La femme s’était mise à trembler jusqu’à ce que son corps plie. Elle s’était effondrée au moment où les gendarmes le menottaient et l’emmenaient dans les entrailles du Palais.
Il regarda les murs de sa cellule une dernière fois. Il connaissait chaque fissure, chaque tache d’humidité, chaque éclat de peinture. Elle était petite mais il s’y sentait en sécurité. C’était chez lui depuis des années. Il pensa au monde de dehors. Il ne le connaissait plus. Il se sentit oppressé. Il ferma son esprit. Pendant toutes ces années, il avait appris, quand il le décidait, à atteindre le vide complet.
Des voix résonnèrent dans le couloir. Le métal vibra. Une clé tourna dans la serrure. Il se leva, attrapa son sac et le posa sur son épaule. La porte s’ouvrit et un surveillant apparut :
— KERBACHE, t’es libre.
2
1990
À tous les professionnels qui m’ont demandé comment s’est passée mon enfance, j’ai répondu « normale ». Avec le recul, je sais pas si elle était « normale ». Quelques mois avant le procès, une psychologue chargée de m’évaluer m’a demandé quel était mon premier souvenir. J’ai pas su lui répondre et pendant longtemps j’ai hésité. Puis un jour, j’ai décidé. J’en ai choisi un sur lequel je pensais pas trop me tromper. Je devais avoir quatre ou cinq ans. C’était la nuit et j’ai entendu ma mère crier. J’ai eu peur et j’ai voulu un câlin.
Je me suis levé du canapé. C’était mon lit quand mon père décidait d’aller se coucher. J’aimais bien parce qu’il faisait jamais noir avec les lampadaires de la cité qui éclairaient toujours les murs du salon. J’ai posé mes pieds sur le carrelage froid et j’ai serré la couverture contre moi. J’ai attendu un peu devant la chambre de mes parents mais il y avait plus aucun bruit. Alors je suis entré. Ma mère était assise au bord du lit. Elle avait le visage penché vers le sol, les cheveux détachés jusqu’aux hanches et les bras serrés autour de son corps. Elle pleurait en silence. Mon père se tenait debout à côté d’elle et remontait son caleçon. Son ventre dépassait. Quand il m’a vu, il m’a hurlé de dégager. Mais moi j’avais peur et je voulais ma mère alors j’ai pas bougé. Mon père s’est avancé vers moi. Il m’a attrapé par le col de mon pyjama. Il m’a traîné jusqu’au salon et il m’a jeté sur le canapé. J’ai serré la couverture contre moi.
Dès que j’ai entendu la porte de la chambre de mes parents se refermer, je me suis relevé. J’ai rouvert leur porte et j’ai vu ma mère qui était toujours assise. Mais avant que je réussisse à lui parler, mon père m’a attrapé par la peau au-dessus de la tempe. Il faisait souvent ça quand il était vraiment en colère et pour moi c’était de loin le truc le plus douloureux. Il m’a crié dessus en arabe. Je comprenais mieux parce que c’est la première langue que j’ai parlée. Il m’a bousculé et j’ai perdu ma couverture dans le couloir.
Sur le canapé, il s’est mis à me frapper à coups de poing sur les cuisses. Cette fois, j’ai serré l’oreiller contre moi. Je me souviens de l’avoir supplié d’arrêter. Mais plus je pleurais fort, plus il frappait fort. Quand il est parti, j’ai voulu aller chercher ma couverture dans le couloir mais comme j’avais trop peur, j’ai pas bougé.
Il suivit le surveillant dans les couloirs. Chaque pas, chaque grille, chaque sas lui serrait un peu plus la poitrine. À cet instant, il n’était plus sûr de vouloir sortir. Enfin, ils arrivèrent devant la grande porte métallique de l’entrée. À sa gauche, un autre agent, assis derrière un comptoir vitré, le toisait. Par une fente de la vitre, l’agent lui glissa un sachet : sa chaîne en argent et ses lacets.
—C’est votre fouille quand vous êtes arrivé. S’il y a des réclamations, vous voyez avec la direction.
Il récupéra le sachet. Jamais il n’aurait imaginé revoir ces objets. L’agent qui l’avait accompagné lui dit quelque chose mais il ne l’écoutait plus. Devant lui, la grande porte métallique de la prison s’ouvrit. Il ne bougea pas. Il en était sûr à présent : il ne voulait plus partir. La lanière de son sac lui sciait l’épaule. Sa bouche était sèche. L’agent ricana.
— Ben alors, vous voulez rester avec nous ?
Alors il avança. Un pas. Puis un autre. Lorsqu’il franchit la porte, la lumière du jour lui fit plisser les yeux. Il s’engagea lentement dans l’allée goudronnée. Deux surveillants passèrent à côté de lui en riant. Ils n’avaient pas l’air de l’avoir remarqué. Bientôt, il fit face à une haute grille en fer. Pendant quelques secondes, elle resta immobile. Il se demanda s’il s’était trompé, s’il avait tout imaginé. Mais un cliquetis métallique retentit et la grille coulissa dans un frottement strident. Il la franchit. Aussitôt, elle se referma derrière lui. Le bruit cessa. Alors seulement, il réalisa.
Il était dehors.
Il était libre.
Un scooter sortit du parking. Le grondement soudain du pot d’échappement le fit sursauter. Au loin, une portière de voiture claqua. Quelqu’un éclata de rire. Derrière la grille, les agents riaient plus fort. Ses doigts se refermèrent sur le sachet contenant ses objets.
De l’autre côté du terre-plein central, un homme était adossé à une voiture. Il parlait bruyamment. Au milieu du parking presque vide, avec ses lunettes de soleil et sa chemise blanche parfaitement repassée, Matthieu détonnait. Les yeux rivés sur son téléphone, il ne l’avait pas vu sortir.
Depuis l’entrée du parking, une voix l’appela. C’était Marion, sa conseillère d’insertion. Elle l’attendait elle aussi. Alors Matthieu, toujours adossé à la voiture, leva les yeux et son visage s’éclaira aussitôt. Il avait toujours le même sourire d’enfant. Ça, ça n’avait jamais changé. Il rangea son téléphone dans sa poche, s’approcha les bras grands ouverts et les deux hommes échangèrent une accolade prolongée.
Abdel. Je suis tellement heureux de te voir. Tellement heureux.
Pendant un long moment, les deux amis restèrent ainsi. Enfin, desserrant son étreinte, Matthieu se recula et serra le visage d’Abdel entre ses mains :
— T’es là ! J’y crois pas !
Abdel resta immobile. Matthieu parlait très vite.
— Tu peux te détendre, tout va bien ! T’es sorti !
Alors, Abdel sourit à son tour. Il se tourna vers Marion et, gêné, bredouilla quelques mots de remerciement pour tout ce qu’elle avait fait pour lui cette année.
— Ça valait le coup, répondit-elle. C’est bien de vous voir dehors.
— Désolé, je dois prendre cet appel, les interrompit Matthieu, téléphone à la main.
Marion lui expliqua que le service chargé de la pose du bracelet viendrait le lendemain dans la matinée. Les modalités de fonctionnement lui seraient expliquées plus en détail à ce moment-là. Si elle le pouvait, elle viendrait aussi.
— Les premières semaines de bracelet sont parfois un peu compliquées, il y a un temps d’adaptation. Mais tout va bien se passer. Vous êtes prêt.
Marion se tourna vers Matthieu :
Et puis, vous n’êtes pas seul. Vous avez un formidable ami à vos côtés.
Matthieu, téléphone à l’oreille, souriait toujours un peu plus loin.
Abdel ne répondit rien.
4
Je sais pas encore quelle place Matthieu doit occuper dans ce récit. Mais je sais qu’il a profondément marqué ma vie, dans le meilleur sens du terme, comme dans le pire.
La première fois que je l’ai rencontré, on avait six ans. C’était la rentrée des classes et j’avais pas envie d’y aller. J’aimais pas l’école et l’école me le rendait bien. J’arrivais pas à rester concentré très longtemps. Être assis derrière un bureau à écouter les profs, c’était pas mon truc. Moi, je voulais être dehors, courir, jouer au ballon. Le reste, je m’en foutais.
Ce jour-là, j’ai appris qu’un gars de la classe avait changé d’école. Mon équipe avait plus que cinq joueurs, alors que dans l’équipe d’en face, ils étaient toujours six. Alors, quand la maîtresse nous a présenté le nouveau, j’ai tout de suite pensé qu’avec sa petite taille, il aurait l’agilité d’un attaquant.
Pendant la récréation, j’ai suivi Matthieu dans les toilettes et, sans explication, je lui ai directement demandé s’il jouait au foot. Il m’a regardé sans répondre. Comme on me l’avait souvent répété, j’ai pensé que je m’étais encore mal exprimé. J’ai essayé plus clairement : j’avais besoin d’un attaquant, il avait l’air d’un attaquant. Est-ce qu’il savait jouer ? Est-ce qu’il voulait jouer ? Il a haussé les épaules et il a dit un truc comme : « Je mets tout le temps des buts. »
Je lui ai dit de me suivre et on est allés au milieu de la cour qu’on transformait en terrain de foot le temps de la récré. Quand on est arrivés, les autres nous attendaient. J’ai annoncé que Matthieu rejoignait l’équipe au poste d’attaquant et qu’Adil passait défenseur. Évidemment, Adil a gueulé. Mais j’ai gueulé encore plus fort et il s’est arrêté. Puis tout le monde a pris son nouveau poste pour jouer.
Dès les premières secondes du match, j’ai compris que Matthieu avait menti. Il savait pas jouer. Pire : il était vraiment nul. Il ratait toutes les passes. Il clignait des yeux quand une balle passait trop près. Il courait partout comme un dératé. Adil a arrêté le match. Il a collé son visage à celui de Matthieu et il s’est mis à lui hurler dessus. Alors Matthieu a sursauté mais juste après, il a plus bougé. Plus un geste, rien. C’était comme si on l’avait débranché. Alors Adil a hurlé plus fort. Il l’insultait encore plus. Mais Matthieu continuait de fixer devant lui. Là, j’ai compris qu’il y avait un truc. Je savais pas ce que c’était. Mais j’ai su qu’il y avait un truc.
Quand la récréation s’est terminée, Adil et les autres m’ont dit que Matthieu était trop nul, qu’il pouvait pas rester dans l’équipe et qu’il valait mieux le remplacer par une fille. Mais j’ai dit non et j’ai dit qu’il continuerait à jouer. Ça m’énervait qu’Adil lui hurle dessus et je crois que je voulais lui apprendre à se défendre quand il se faisait emmerder.
À la fin de la journée, sous le préau, je lui ai quand même dit que s’il voulait rester dans l’équipe, il allait devoir s’entraîner. Matthieu m’a promis qu’il s’y mettrait le soir même, dès qu’il rentrerait « à sa maison ». Au portail, on s’est séparés. Matthieu est monté dans une grosse voiture noire aux fenêtres teintées. Une dame avec des cheveux blonds très bien coiffés sur ses épaules et un long manteau beige était venue le chercher. Moi, j’ai rejoint ma grande sœur Leïla qui m’attendait de l’autre côté de la route. Je lui ai pris la main et on a marché en direction de la cité.
On en a pour une heure et demie environ, si la circulation est bonne.
5
Matthieu démarra et ils quittèrent le parking de la Maison centrale. Dans le rétroviseur, la prison rapetissa jusqu’à disparaître complètement. Alors que la voiture prenait de la vitesse sur la voie principale, Matthieu toucha l’écran lumineux au milieu du tableau de bord. Quelques secondes plus tard, une musique remplit l’habitacle. Il n’avait même pas mis de CD. Matthieu commença à parler. Abdel aurait préféré ne pas avoir à répondre. Il n’y avait que dans le silence de son esprit qu’il se sentait apaisé. Mais son ami enchaîna :
—La Maison de l’Atlantique, pour toi tout seul ! T’auras peut-être pas un room service aussi complet qu’en prison, mais tu devrais t’y faire assez vite !
Matthieu ajouta qu’il s’occuperait de tout. L’argent n’était pas un problème. Il lui avait déjà commandé un téléphone. Pour la nourriture, il ferait le plein de courses le lendemain matin et après, Abdel pourrait se faire livrer s’il lui manquait quelque chose. Il ne devait s’inquiéter de rien. Matthieu allait devoir rapidement repartir à Bordeaux, mais il reviendrait aussi souvent qu’il le pourrait.
— C’est pas les vacances pour tout le monde !
Abdel, qui ne savait pas très bien à qui s’adressait la remarque, essaya de sourire. Dehors, il regardait les voitures qu’ils dépassaient. Elles ne ressemblaient plus à celles d’avant. À l’approche du péage, Matthieu ralentit. Lorsqu’ils arrivèrent devant la barrière, il approcha simplement son téléphone de la borne. Abdel regarda le geste sans comprendre. L’instant d’après, la barrière se levait déjà. Matthieu reposa son téléphone entre eux. Depuis le début du trajet, il vibrait sans arrêt. Par moments, il se rendait compte qu’il n’avait pas écouté les dernières phrases de son ami. Il hochait la tête au hasard sans être sûr de ce à quoi il répondait. Matthieu évoqua son travail :
— Quand t’es associé dans ce genre de cabinet, tu dois forcément te saigner.
Puis les enfants :
— On viendra passer une semaine ou deux cet été, je verrai avec Jo. J’ai hâte qu’ils te rencontrent. On leur a souvent parlé de toi.
Il évoqua brièvement la séparation :
— C’est compliqué. On n’arrive plus vraiment à se parler. J’ai quelques nouvelles parfois par les enfants. Elle a quitté la clinique. Elle a monté son cabinet à Bordeaux avec d’autres médecins.
Abdel ne les avait jamais vus se disputer. En réalité, il n’arrivait même pas à se l’imaginer.
— J’espère que tu ne m’en voudras pas. Mais j’ai prévenu ta sœur. Je lui ai dit que t’étais sorti.
Leïla était venue régulièrement le voir au parloir, quand il était à Gradignan, pendant sa détention provisoire. Puis, après sa condamnation et son transfert à la centrale, les années avaient passé, et ses visites s’étaient espacées. Il ne l’avait pas vue depuis cinq ans, pas parlé depuis trois.
— Elle a dit quoi ?
— Rien. Elle n’a pas répondu à mon message.
La voiture avait quitté l’autoroute depuis un moment déjà et filait le long des contreforts des Pyrénées. Par endroits, des sommets enneigés résistaient à l’été. Peu à peu, la route se fit plus étroite et plus sinueuse. À présent, ils s’enfonçaient dans les vallons ensoleillés où se dessinaient les premières fermes basques, aux colombages rouges et verts et aux murs chaulés. L’odeur de la montagne se mêlait désormais à celle de l’océan.
La vieille croix de pierre apparut au bord de la départementale et Matthieu mit son clignotant. La voiture tourna sur une route au goudron cabossé. Avant le grand virage qui précédait le village, elle quitta la route pour s’engager dans l’allée gravillonnée. Le bruit des pneus sur les cailloux le fit frissonner.
À l’entrée, fixé sur l’une des colonnes de pierre du portail, le petit écriteau de bois blanc était toujours là. Les lettres noires avaient pâli, mais on pouvait encore y lire sans difficulté :
Itsas Etxea
En dessous, la croix basque restait gravée dans le bois, ses branches épaisses légèrement mangées par le temps. Alors, sans prévenir, tout remonta : les tablées d’été qui s’éternisaient à l’ombre du châtaignier, les ballons qui rebondissaient contre la façade avant de disparaître dans les rosiers, les joints fumés à la fenêtre du premier. Et cette excitation nerveuse d’autrefois, quelque part entre la hâte et l’appréhension. Cent fois au moins, il avait arpenté cette allée